L’ambition nucléaire de la Saskatchewan est une occasion pour le Canada 

La Saskatchewan vient de franchir une étape importante vers un avenir alimenté par l’énergie nucléaire. Cette semaine, la province a annoncé son intention de se doter d’au moins 2 600 MW de capacité de production nucléaire d’ici 2050, notamment grâce à deux réacteurs de grande puissance dans le nord-ouest de la Saskatchewan, tout en poursuivant ses travaux en vue du déploiement de petits réacteurs modulaires près d’Estevan. L’énergie nucléaire devrait fournir l’électricité fiable, abordable, sans émissions et sécuritaire nécessaire pour soutenir la croissance démographique, l’essor de nouvelles industries et les investissements majeurs. 

Les Canadiens pour CANDU saluent cette ambition. 

La Saskatchewan aborde cette occasion à partir d’une position enviable que peu d’endroits peuvent égaler. Elle possède des gisements d’uranium abondants et de calibre mondial qui sont au cœur de l’industrie canadienne du combustible nucléaire. Le Canada est le deuxième producteur mondial d’uranium, et la quasi-totalité de cette production est concentrée dans le nord de la Saskatchewan. 

La province a l’occasion de tirer davantage parti de cet avantage pour créer une source d’électricité fiable, des emplois spécialisés, des chaînes d’approvisionnement plus solides et de la croissance économique. Mais le choix de la technologie déterminera l’ampleur de ces retombées et la part de cette valeur qui demeurera en Saskatchewan et au Canada.  

Évaluer pleinement les mérites des différentes technologies nucléaires 

La sûreté, la performance, les coûts, les échéanciers et la capacité de mener les projets à terme seront tous des facteurs importants lorsque la Saskatchewan évaluera ses options. Il faudra également tenir compte du combustible et des chaînes d’approvisionnement nécessaires pour exploiter ces réacteurs pendant les décennies qui suivront leur construction. 

Les différentes technologies utilisent différentes formes de combustible à base d’uranium. Le choix du combustible détermine comment l’uranium de la Saskatchewan, ou l’uranium enrichi à l’étranger, doit être traité, quelles infrastructures sont nécessaires à sa préparation, où se trouvent les capacités requises pour assurer l’exploitation continue des réacteurs et comment le combustible doit être géré de façon sécuritaire après son utilisation. En termes simples, le combustible est à la fois un enjeu technique et un enjeu de sécurité énergétique. 

Le Canada possède des capacités nationales inégalées dans l’ensemble du cycle du combustible CANDU, de l’extraction et du traitement de l’uranium jusqu’à la fabrication du combustible. En revanche, le Canada ne dispose pas de capacité commerciale d’enrichissement de l’uranium. Les technologies qui nécessitent de l’uranium enrichi comme combustible dépendent donc de procédés réalisés à l’extérieur de la chaîne d’approvisionnement canadienne et hors du contrôle du pays. 

Cette distinction est importante lorsqu’on envisage des infrastructures qui pourraient demeurer en exploitation jusqu’au siècle prochain. La sécurité de l’approvisionnement en combustible, les pays et les fournisseurs concernés ainsi que les capacités que le Canada contrôle deviennent tous des éléments de la décision technologique à long terme. 

Les Canadiens envisagent l’énergie nucléaire et la souveraineté qui y est associée de façon similaire. 

Un récent sondage d’opinion commandé par Canadians for CANDU révèle que huit Canadiens sur dix considèrent qu’il est extrêmement important que le Canada conserve le contrôle de son propre approvisionnement en électricité. Une proportion similaire accorde la priorité aux technologies nucléaires qui soutiennent le plus grand nombre d’emplois canadiens, notamment pour les ingénieurs, les soudeurs, les travailleurs du secteur de l’énergie et les gens de métier spécialisés. Soixante-douze pour cent affirment faire davantage confiance à la technologie nucléaire canadienne qu’à la technologie nucléaire américaine. 

Les résultats en Saskatchewan sont particulièrement éloquents. Le sondage a été mené auprès de 2 801 Canadiens, dont 530 résidents de la Saskatchewan. Après avoir reçu de l’information sur différentes options technologiques nucléaires, 78 % des répondants de la Saskatchewan ont indiqué que CANDU était leur technologie privilégiée pour le projet nucléaire de la province. 

Ensemble, ces résultats mettent en lumière ce qui compte dans le choix d’une technologie nucléaire. Une électricité fiable est essentielle, mais la sécurité énergétique, les emplois spécialisés, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la capacité de conserver au Canada l’expertise et la valeur économique le sont tout autant. 

Associer l’uranium de la Saskatchewan à l’expertise nucléaire canadienne 

La Saskatchewan possède déjà la ressource nécessaire pour alimenter la renaissance nucléaire du Canada. La question est de savoir ce qu’il advient de cet uranium avant qu’il puisse servir à produire de l’électricité. 

De par sa conception, CANDU utilise de l’uranium non enrichi. L’uranium de la Saskatchewan peut donc être traité et transformé en combustible au moyen des infrastructures canadiennes avant d’être utilisé dans un réacteur CANDU. 

Les technologies qui utilisent de l’uranium enrichi nécessitent un processus plus complexe et distinct. L’uranium peut être extrait et traité en Saskatchewan, mais son enrichissement doit avoir lieu à l’étranger. Cela ajoute une chaîne d’approvisionnement internationale au cycle du combustible et crée une dépendance pour l’approvisionnement nécessaire à l’exploitation d’infrastructures énergétiques canadiennes. Si ce maillon de la chaîne d’approvisionnement est interrompu, le réacteur ne peut fonctionner et aucune électricité ne peut être produite. 

C’est là l’essence même de la« souveraineté énergétique » : disposer d’un accès sûr au combustible, maintenir les capacités essentielles au Canada et réduire les risques afin que nos systèmes électriques continuent d’alimenter nos foyers et nos entreprises. 

CANDU crée un lien direct entre les ressources de la Saskatchewan et les capacités nucléaires du Canada. L’uranium de la Saskatchewan peut devenir un combustible fabriqué au Canada pour une technologie nucléaire canadienne, grâce à une expertise et à une chaîne d’approvisionnement développées ici depuis plus de 70 ans.  

Maximiser la valeur à long terme de l’investissement nucléaire de la Saskatchewan 

Le plan nucléaire de la Saskatchewan vise fondamentalement la croissance. La demande d’électricité continuera d’augmenter à mesure que les collectivités prendront de l’expansion et que de nouvelles mines, installations de transformation, activités manufacturières, infrastructures de données et autres grands projets verront le jour. La stratégie provinciale met également clairement l’accent sur la sécurité énergétique, le développement de la main-d’œuvre et des chaînes d’approvisionnement, la participation autochtone et les possibilités économiques. 

Ce que le Canada construit chez lui et ce qu’il peut vendre à l’étranger sont étroitement liés. De nouveaux projets au pays soutiennent la main-d’œuvre, les fournisseurs, l’expérience d’exploitation et la propriété intellectuelle qui permettent à la technologie nucléaire canadienne d’être concurrentielle à l’échelle internationale. La Stratégie canadienne sur l’énergie nucléaire reconnaît ce lien et fixe comme objectif de renforcer la position du Canada comme fournisseur et exportateur mondial de technologies nucléaires. 

Pour la Saskatchewan, le choix technologique revêt donc une importance économique beaucoup plus large. Il déterminera l’approvisionnement en combustible dont dépendra la province, les capacités industrielles que le Canada pourra maintenir, les emplois et l’expertise qui seront créés au fil des décennies ainsi que la capacité du pays à transformer ses investissements nucléaires au pays en futures occasions d’exportation. 

Il ne fait aucun doute que la renaissance nucléaire du Canada offre d’importantes possibilités de croissance au pays. Pour les Saskatchewanais, le choix de la technologie de réacteur contribuera à déterminer l’ampleur de cette réussite et de la prospérité économique dont leurs familles pourront bénéficier pendant des générations. 

Le plan nucléaire de la Saskatchewan concerne la croissance, mais le choix technologique aura des répercussions qui vont bien au-delà de la façon dont la province produit son électricité. 

Le Canada a consacré des décennies à bâtir sa propre technologie nucléaire, sa main-d’œuvre et sa chaîne d’approvisionnement. Aujourd’hui, le secteur contribue 22 milliards de dollars par année à l’économie canadienne et soutient 90 000 emplois directs et indirects. La technologie CANDU a également été exportée partout dans le monde, ouvrant des débouchés internationaux à l’expertise, aux services et aux technologies du Canada. 

Ce que le Canada construit chez lui compte pour sa capacité à être concurrentiel à l’étranger. Les projets CANDU réalisés au pays soutiennent les compétences, les fournisseurs, l’expérience et la propriété intellectuelle qui renforcent la position du Canada dans un marché nucléaire mondial en pleine croissance. Ce lien se reflète dans la Stratégie canadienne sur l’énergie nucléaire, qui fait de l’ambition de devenir un fournisseur et un exportateur nucléaire mondial de choix une priorité nationale. 

À un moment où les pays cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement énergétique et à soutenir leurs industries nationales, le Canada a toutes les raisons d’en faire autant. La Saskatchewan a l’uranium. Le Canada a la technologie. Et CANDU offre l’occasion de mettre les deux à contribution ici, chez nous, tout en bâtissant une industrie canadienne capable de rivaliser avec les meilleures au monde.